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Acidité des sols : Dédougou au cœur de la mobilisation scientifique pour sauver la productivité agricole

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L’étape de Dédougou des conférences publiques sur la gestion durable des sols s’est ouverte ce 1ᵉʳ décembre 2025, sous la présidence du Pr Aboudramane GUIRO, Président de l’Université Daniel Ouézzin COULIBALY. Placée sous le thème central : « Acidité des sols : impact sur la productivité des cultures et le revenu des producteurs », cette rencontre scientifique a réuni producteurs, chercheurs, étudiants et acteurs du monde rural autour d’un enjeu majeur pour l’agriculture burkinabè : la dégradation silencieuse des sols par acidification.

Pour introduire les communications, Dr Poulouma Louis YAMEOGO, Maître de Recherches au CNRST/INERA, a présenté une note introductive détaillant la nature et l’ampleur de ce phénomène. Il a expliqué que l’acidité constitue un problème souvent invisible mais aux effets bien réels, illustrant ses propos par des cultures tolérantes comme la pomme de terre et l’ananas, et d’autres plus sensibles telles que le maïs et le blé. Selon lui, cette situation est particulièrement préoccupante dans plusieurs zones du Burkina Faso, notamment dans la région de Bankui où l’acidification des sols est déjà très avancée.

Dans la continuité, le module 1 consacré aux causes de l’acidité et aux méthodes de diagnostic a été animé par Dr Désiré Jean Pascal LOMPO, Maître de conférences en Agro-pédologie à l'Université Daniel Ouézzin COULIBALY. Il a détaillé les facteurs à l’origine du phénomène : fortes pluies, usage abusif d’urée, cultures très gourmandes comme le maïs ou le coton, décomposition de certaines litières et nature de certains types de sols. Il a également proposé des approches de diagnostic accessibles aux producteurs, allant de l’observation du « langage des plantes » aux herbes indicatrices telles que Guiera senegalensis, en passant par des tests simples au vinaigre ou au bicarbonate, ou encore des outils et capteurs à moindre coût.

Poursuivant la réflexion, le module 2, présenté par Dr Jean OUEDRAOGO, Maître de Recherches en Agro-pédologie et Personne Ressource à l’IFDC, a mis en lumière les impacts de l’acidité sur les productions et les revenus des producteurs. Il a montré que l’acidité affaiblit la vigueur des plantes, perturbe leur développement et réduit la nodulation des légumineuses. Elle limite aussi l’activité microbienne, diminue la valeur agronomique des engrais et compromet la nutrition minérale, entraînant ainsi une chute notable des rendements et du revenu des producteurs.

En conclusion, le module 3, présenté par Dr Kalifa COULIBALY, Maître de Conférences en Agro-pédologie à l’Université Nazi BONI, s’est penché sur les solutions pratiques de correction de l’acidité. Il a exposé les principales options d’amendements minéraux et organiques, à savoir la chaux vive ou éteinte, la dolomie, le compost, le biochar, les écumes de sucreries, les phosphates naturels ainsi que leurs modalités d’application, idéalement avant semis et en tenant compte des résultats d’analyse de sols. Il a enfin insisté sur l’importance de pratiques complémentaires comme le paillage, les rotations culturales, les cultures de couverture, l’agroforesterie ou encore le microdosage, afin de garantir l’efficacité et la durabilité des actions de correction.

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